- Loi Hamon, loi Chatel, courriers et délais.
- Trois dispositifs, trois situations
- Les motifs de résiliation hors délai
- La procédure, sans erreur
Résilier une assurance est devenu beaucoup plus simple qu'il y a dix ans, mais les règles diffèrent selon le contrat. Savoir lequel des trois dispositifs s'applique à votre situation vous évite d'attendre inutilement une date anniversaire.
Trois dispositifs, trois situations
La résiliation infra-annuelle, dite loi Hamon
Elle permet de résilier à tout moment après un an de contrat, sans frais, sans préavis et sans avoir à se justifier. Elle s'applique à l'assurance auto, à la multirisque habitation et, depuis 2020, à la complémentaire santé.
C'est le dispositif le plus puissant, et celui qui rend obsolètes la plupart des calculs de date. Passé le premier anniversaire, la question du calendrier ne se pose plus.
La loi Chatel
Elle concerne la première année, avant l'ouverture du droit précédent. Votre assureur doit vous informer de la date limite de non-reconduction, entre trois mois et quinze jours avant celle-ci.
S'il vous informe tardivement, vous disposez de vingt jours à compter de l'envoi pour dénoncer la reconduction. S'il ne vous informe pas du tout, l'article L.113-15-1 du Code des assurances vous permet de résilier à tout moment après reconduction, sans pénalité.
La loi Lemoine, pour l'assurance de prêt
Elle autorise le changement d'assurance emprunteur à tout moment, sans frais et sans condition d'ancienneté, y compris sur des contrats souscrits avant son entrée en vigueur. Elle est traitée en détail dans notre guide dédié.
Les motifs de résiliation hors délai
Indépendamment des dispositifs ci-dessus, certains événements ouvrent un droit de résiliation, généralement dans un délai de trois mois suivant l'événement.
- Déménagement
- Changement de situation matrimoniale
- Changement de profession ou départ à la retraite
- Vente du bien ou du véhicule assuré
- Augmentation tarifaire, lorsque le contrat le prévoit expressément
- Résiliation d'un autre contrat par l'assureur après sinistre
La procédure, sans erreur
1. Souscrire d'abord, résilier ensuite
C'est la règle d'or, et l'erreur la plus coûteuse consiste à faire l'inverse. En auto, un seul jour sans assurance vous expose à une amende et à une absence totale de couverture. Faites toujours coïncider la date d'effet du nouveau contrat avec la date de fin de l'ancien.
2. Envoyer la demande avec une preuve
Lettre recommandée avec accusé de réception, envoi recommandé électronique, ou tout autre support durable prévu au contrat. Conservez la preuve : c'est elle qui fait courir les délais en cas de contestation.
3. Laisser le nouvel assureur s'en charger
Pour l'auto et l'habitation, en résiliation infra-annuelle, votre nouvel assureur peut effectuer la démarche à votre place. C'est plus sûr et cela évite les décalages de dates. Un courtier fait de même sur l'ensemble des contrats.
4. Vérifier le remboursement du trop-perçu
Équivalence de garanties, dates d'effet, courriers : une résiliation mal séquencée peut laisser un trou de couverture de plusieurs jours. Un conseiller vérifie l'enchaînement et prend en charge les démarches à votre place.
Faire relire mes contrats →La portion de cotisation correspondant à la période non couverte doit vous être remboursée. Vérifiez que ce remboursement intervient bien : il est fréquemment oublié.
Les pièges classiques
- Résilier avant d'avoir souscrit : le trou de couverture est le risque numéro un
- Oublier le relevé d'information en auto : il justifie votre bonus auprès du nouvel assureur
- Négliger l'équivalence de garanties en assurance de prêt : c'est le seul motif de refus opposable de la banque
- Ne pas conserver de preuve d'envoi
- Attendre une date anniversaire alors que le contrat a plus d'un an — c'est devenu inutile
Questions fréquentes
Puis-je résilier après un sinistre ?
Oui, les dispositifs de résiliation restent applicables. Notez toutefois qu'un sinistre récent figure dans votre historique et sera pris en compte par le nouvel assureur.
Mon assureur peut-il refuser ma résiliation ?
Non, dès lors que les conditions légales sont réunies. Un refus doit être motivé et peut faire l'objet d'une réclamation, puis d'une saisine du médiateur de l'assurance.
Vais-je perdre mon ancienneté ?
En auto, le bonus vous suit intégralement via le relevé d'information. En santé et en habitation, l'ancienneté n'ouvre pas de droit particulier — elle joue même souvent en votre défaveur sur le plan tarifaire.
Laissez vos coordonnées : un conseiller vérifie vos contrats et se charge des résiliations et de la souscription.